La Stratégie des As, faire court, faire bien

Auteur : Damien Snyers / Édition : ActuSF / Parution : 2016
Avant d’commencer, j’ai reçu ce livre en service presse des éditions ActuSF. J’trouvais juste de jouer franc-jeu ‘vec vous, lecteurs.

Le synops’

James Laany est un voleur de haute classe. Baratineur, il va devoir s’emparer du Rein d’Isis, un objet aux pouvoirs magiques… surprenants.

De l’objectif…

Faire court, faire bien. Pour l’expliquer, la scène d’exposition sur laquelle s’ouvre le roman. « Le troll était là, devant moi, inaccessible« . 7 mots et le lecteur est déjà immergé dans les bas fonds de New-Kracow. Avec cette première phrase, Damien Snyers pose ce qui va être le ton de tout son roman : direct, bourru, cynique. Bref, une exposition tonique et réussie.

     Une narration efficace

Un ton qui contrebalance les sujets, lourds, abordés par l’auteur au fil du roman. Il parle du racisme, de la peur de la mort et des dérives que peut engendrer l’immortalité. Elles apparaissent en filigrane du récit, mais le lecteur ne peut pas les ignorer puisqu’elles en constituent la trame. Le décalage entre le cynisme du ton employé par le narrateur et la gravité de ces sujets permettent une narration efficace.

     Concision, frustration

Cette efficacité à tendance à devenir une véritable source de frustration. Notamment lorsque l’intrigue touche à sa fin. En soi, cette conclusion s’inscrit dans une logique d’écriture concise, propre à l’auteur. Sauf que. Tout le récit est construit de façon à arriver à cette chute. Elle est censée en être le point d’orgue. Et elle tient en tout juste 26 pages. Le style d’écriture de Damien Snyers est à la fois un avantage – on ne s’ennuie pas pendant la lecture, même lorsque l’action ralentit – et une frustration – il est difficile de se contenter du peu de pages attribuées à chaque action.

… au subjectif

J’avoue que le roman de Damien Snyers ne partait pas gagnant. Il souffre forcément de la comparaison avec deux récits du même genre : Gagner la guerre, de Jean-Philippe Jaworsky et Les Salauds gentilshommes de Scott Lynch. Deux œuvres que j’ai beaucoup aimées. Mes attentes étaient donc élevées, avant même d’ouvrir La Stratégie des As. Je n’ai pas été déçue. Cette fameuse scène d’exposition présente immédiatement trois personnages réellement attachants, même si Élise a fini par me taper sur les nerfs. J’ai apprécié que la peur de la vieillesse et de la mort soient les thèmes centraux du récit. Ce n’est pas une simple histoire de vol, l’auteur pose une réflexion intéressante sur des sujets lourds qu’on n’attend pas dans ce genre de contexte.

Damien Snyers signe avec La Stratégie des As un bon premier roman qui, s’il n’est pas parfait, présente de solides qualités d’écriture et de narration.


La phrase à retenir :

« Quand on parle de mort, ça ne va jamais »

Al’

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